Le syndrome du tunnel radial

Le syndrome du tunnel radial (STR) existe-t-il ?

P. Croutzet, M. Chammas
Société Française de Chirurgie de la Main – December 2008


 

Introduction

A travers une revue bibliographique et notre étude rétrospective de 13 cas de syndrome du Tunnel radial opéré, nous critiquons la réalité du syndrome du tunnel radial sur des arguments diagnostic à la fois clinique et paraclinique mais également sur le plan thérapeutique en la comparant à l’évolution spontanée de la pathologie, notamment dans les formes bilatérales.

 

Matériel et Méthodes

1 La revue bibliographique a été réalisée grâce aux bases de données onlines et aux références bibliographiques contenues dans les articles trouvés, 32 articles furent retenus dont 21 traitant de série de cas rétrospective.

2 Notre propre étude rétrospective concernée 13 malades avec un recul moyen de 2,5 ans dont 4 présentaient des formes initialement bilatérales et 6 étaient en maladie professionnelle. Une épicondylite étaient associé dans 9 cas. Les critères d’analyses spécifiques ont été : le caractère professionnel, le délai de prise en charge, les traitements non chirurgicaux associés, le type de chirurgie pratiqué, la durée de rétablissement et d’arrêt de travail, la douleur, la force du grasp, la satisfaction subjective et les scores d’évaluations de Roles&Mausley et celui de Hagert.

 

Résultats

1 Sur le plan bibliographique, si le SNIOP peut être accompagnée de douleur, aucune forme de STR n’a été décrite comme pouvant évoluer vers une forme déficitaire. Aucune étude contrôlé randomisé n’a été réalisé et seule une étude prospective a été publié (Werner 1979), aucune étude n’a comparé un traitement chirurgical à un traitement médical et aucune données n’a été retrouvé sur l’évolution spontanée de cette pathologie.

2 Concernant notre étude rétrospective : 8 malades étaient peu ou pas satisfait, 5 satisfait ou très satisfait, 9 malades se considéraient comme non remis. 9 malades présentaient des douleurs limitant leur activité, 4 malades n’ont jamais recommencé à travailler, 2 ont bénéficié d’une adaptation de poste, 6 malades avaient un grasp identique au coté opposé, le score de Roles&Mausley identifiait 1 résultat excellent, 3 bons et 9 pauvres.

 

Discussion

Le diagnostic clinique porte uniquement sur un faisceau de signe fonctionnelle non spécifique et l’imbrication de cette pathologie aux épicondylites rend encore plus délicat le diagnostic. Le diagnostic paraclinique repose essentiellement sur l’EMG et en particulier sur le tracé en détection qui est facilement simulable et altéré par la douleur du patient. 

La reconnaissance en maladie professionnelle introduit un bénéfice secondaire qui favorise la simulation. Dans notre série, chez quatre des malades qui présentaient initialement une formes bilatérales, 3 personnes considéraient le coté non opéré en rémission. La satisfaction subjective sur les membres non opérés dans notre étude était de 75 % contre 40% sur les membres opérés.

 

Conclusion

La faiblesse du diagnostic tant sur le plan clinique que paraclinique ainsi que l’inefficacité des résultats chirurgicaux comparés à l’abstention thérapeutique à terme, nous rendent septique sur la réalité de ce syndrome et nous font critiquer sa prise en charge chirurgicale.

Nous proposons d’étayer notre conclusion en essayant de déterminer les éléments nosographiques qui nous semblent nécessaire pour inventer des pathologies qui n’existent pas et nous imagerons nos propos par la description d’un nouveau syndrome.